Nord-Kivu : la dégringolade du prix des oignons rouges étrangle les producteurs de Rutshuru
Cette baisse sensible, observée depuis plusieurs semaines, est directement liée à la saturation du marché par des produits importés.
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Le prix du sac d’oignons rouges s’est effondré, passant de 100 à 25 dollars US sur le marché de Kalengera. La concurrence des importations et les tracasseries fiscales mettent en péril la survie des agriculteurs locaux, contraints de brader ou de laisser pourrir leur récolte.

La chute est brutale et ses conséquences, dramatiques pour les agriculteurs. Le marché local de Kalengera, dans le groupement de Kisigari (Territoire de Rutshuru), est confronté à une baisse spectaculaire du prix de l'oignon rouge. Le sac de 100 kilogrammes, qui se négociait encore récemment autour de 100 dollars américains, est aujourd'hui bradé à seulement 25 dollars.

Cette baisse sensible, observée depuis plusieurs semaines, est directement liée à la saturation du marché par des produits importés. Sur la place marchande de Goma, la capitale provinciale et principal débouché pour la production de Rutshuru, les oignons acheminés depuis le Rwanda et le Burundi font une concurrence frontale et insoutenable aux récoltes locales. 

" Il y a beaucoup d’oignons ici. Une bassine se vend à cinq ou six mille francs congolais [FC], alors qu'avant, la même quantité valait entre quinze mille et vingt mille francs congolais," témoigne Haguma Ndazeye, un habitant de Kalengera, interrogé par une radio locale de Butembo-Beni.

Il souligne l’impact de la dynamique de Goma sur la zone de production : 

" Rutshuru dépend de Goma. Or, le Rwanda et le Burundi alimentent le marché de Goma en oignons. Cette production externe fait que, chez nous, les oignons se vendent à vil prix. "

La situation est telle que de nombreux paysans préfèrent laisser leurs récoltes pourrir dans leurs maisons plutôt que de les livrer au marché sans espoir de rentabilité. La déception est profonde.

 " Celui qui vendait un sac à cent dollars parvenait à payer facilement les frais scolaires pour ses enfants. Actuellement, ce n’est plus faisable. Les paysans souffrent de cette baisse du prix des oignons. " 

M. Ndazeye dénonce également une autre réalité alarmante : les rares transactions se font souvent à crédit, avec une incertitude de paiement, vendant des sacs à 20 ou 25 dollars, sans être certains d'être payés ultérieurement.

Taxes illégales, un fardeau supplémentaire

En dépit de ce marasme, l’espoir d’une amélioration pousse les agriculteurs à se tourner vers la saison prochaine. Beaucoup sont obligés d’emprunter de l’argent pour préparer la prochaine campagne de semis, misant sur un redressement des prix.

Cette crise est exacerbée par les difficultés logistiques. Les acheteurs de produits agricoles se plaignent de la multiplicité des taxes illégales perçues sur les voies d’accès menant aux grands centres de consommation que sont Goma et Butembo. Ces tracasseries routières augmentent le coût de transport et rendent l'acheminement des produits locaux vers le marché encore plus difficile et moins compétitif face aux importations.


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