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Sécurité

Nord-Kivu : la chefferie des Baswagha étouffée par un « siège » de barrières illégales

Dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, circuler est devenu un acte de résistance. Entre taxes arbitraires et tracasseries systématiques, la multiplication des barrières en chefferie des Baswagha étouffe une économie locale déjà exsangue. La société civile dénonce une « nouvelle forme de guerre » qui ne dit pas son nom.

À Musienene et dans ses environs, le paysage est désormais balafré par des postes de contrôle qui surgissent tous les cinq kilomètres. Ce qui devait être un dispositif de sécurité s’est mué, au fil des mois, en un véritable système de prédation. La société civile locale, indignée, ne mâche plus ses mots : cette prolifération anarchique est un assaut direct contre la survie des populations.

Le constat est amer. Si la présence des forces régulières (FARDC) est acceptée pour la sécurité, leur transformation en points de perception financière dénature leur mission. À cela s’ajoute l’omniprésence de la Police de Circulation Routière (PCR) et des agents de TRANSCOM qui, délaissant les centres urbains, s’installent jusque sur les sentiers villageois pour exiger des paiements abusifs. Même les routes de desserte agricole, vitales pour l’approvisionnement, sont devenues des péages à ciel ouvert sous l’impulsion de certaines notabilités locales.

Le point de rupture semble atteint avec les barrières tenues par les « Wazalendo ». Installés dans les moindres recoins de la chefferie, ces groupes imposent leur loi, multipliant les arrestations arbitraires et les taxes improvisées. Pour les leaders d’opinion, le risque est clair : sans un encadrement urgent de ces forces par le ministère de la Défense, la menace sécuritaire s’enracinera durablement.

Face à ce qu’ils qualifient de « siège économique », les acteurs de la société civile lancent un cri de détresse aux autorités de Kinshasa et celles de la province. Leurs revendications sont simples mais vitales : une prise en charge réelle des militaires pour stopper les prélèvements sur les civils, le retrait des services administratifs de la voie publique vers leurs bureaux, et surtout, un démantèlement immédiat des barrières illégales qui étranglent la liberté de mouvement.

« Nous ne demandons rien d’autre que la paix », concluent les forces vives des Baswagha.

Un appel à la dignité pour que la route, symbole d’échange et de développement, ne soit plus synonyme d’extorsion, mais redevienne enfin un chemin vers la stabilité.