Le village de Liboyo, dans le Nord-Kivu, est de nouveau plongé dans l'insécurité. Le dimanche 28 décembre dernier, un drame interne au sein du groupe armé UPLC a coûté la vie à un combattant et provoqué une nouvelle vague de déplacements de la population.
Dimanche soir, une banale altercation entre deux combattants a viré à la tragédie. Selon des témoins sur place, l’un des éléments a ouvert le feu sur son camarade, le blessant grièvement. Persuadé d'avoir commis un meurtre, l'auteur du tir a immédiatement retourné son arme contre lui-même, mourant sur le coup.
La victime de l'attaque a, quant à elle, survécu. Elle a été transportée en urgence au centre de santé de référence de Lingemba, à Kambau, pour des soins intensifs.
Ces détonations ont agi comme un électrochoc sur les habitants de Liboyo. Alors que beaucoup venaient à peine de regagner le village après les affrontements du samedi précédent, la peur a de nouveau poussé les familles vers la brousse.
Ce climat de tension est exacerbé par une série d’arrestations musclées. Samedi dernier, cinq jeunes ont été capturés par les Wazalendo et transférés vers Kalunguta, accusés de « collaboration active » lors de la récente attaque contre la position de l’UPLC. Cette situation rappelle l'incident du 3 décembre, où deux autres jeunes avaient dû payer une forte rançon pour obtenir leur libération.
Face à cette instabilité chronique sur l'axe Njiapanda-Kambau, la société civile du secteur de Bapere tire la sonnette d'alarme. Son président, M. Kakule Kagheni Samuel, appelle à une reprise en main urgente par les autorités sécuritaires.
Excédés par la cohabitation avec les groupes armés, des habitants brisent le silence sous l’anonymat : ils exigent le déploiement immédiat des FARDC pour restaurer l'autorité de l'État et garantir une paix durable dans cette partie du territoire de Lubero.