Le territoire de Lubero, dans le Nord-Kivu, vient de traverser un mois de janvier particulièrement meurtrier. Selon le dernier rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), au moins 52 civils ont été tués et plusieurs autres enlevés lors d'attaques violentes menées par des groupes armés et les terroristes ADF dans le secteur des Bapere.
Ce déchaînement de violence n’a pas épargné les infrastructures vitales : une structure de santé a été incendiée et cinq autres ont dû suspendre leurs activités, laissant la population sans recours médical au cœur de la tourmente.
Cette insécurité chronique a jeté plus de 13 000 personnes sur les routes entre décembre 2025 et janvier 2026. Ces déplacés, qui ont trouvé refuge dans des villages comme Butuhe ou Vurondo, survivent aujourd'hui dans une précarité extrême, avec des besoins urgents en nourriture, en eau et en soins. Le calme semble d'autant plus hors de portée que de nouveaux affrontements ont éclaté fin janvier à l’est du territoire, provoquant de nouvelles vagues de déplacements vers Kisima et Mubana.
Le tableau s'assombrit encore avec les tensions persistantes dans le territoire voisin de Beni et l'activisme du mouvement politico-militaire AFC/M23 de l'autre côté, qui continue d'aggraver une crise humanitaire déjà critique dans la province. Malgré les efforts de médiation internationale pilotés par les États-Unis ou le Qatar, la réalité du terrain reste marquée par le sang et l'exode.
Face à ce constat, les acteurs humanitaires appellent de toute urgence au respect des engagements de paix pour permettre un accès sécurisé aux populations qui, après trois décennies de conflit, attendent désespérément un répit.