Kamituga : la société civile alerte sur une spirale de violence et de justice populaire
Pour Jean-Pierre Mwanda, coordonnateur de la SOCICO-RDC, la situation est devenue insoutenable. Il décrit une ville où les habitants ne savent plus « à quel saint se vouer » et où le bruit des armes est devenu une monnaie courante.
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À Kamituga, le sentiment de peur a laissé place à une colère incontrôlable. Face à une insécurité qui semble désormais faire partie du quotidien, la population n'attend plus et se rend justice elle-même. Ce cycle de violence, qui mêle criminalité armée et lynchages publics, est aujourd'hui dénoncé avec force par la Société civile des compatriotes congolais (SOCICO-RDC).

Le calme habituel de la ville a volé en éclats ces dernières quarante-huit heures. Tout commence dans la nuit de mardi à mercredi au quartier Camp-Ngambo, où Monsieur Samuel, un habitant paisible, est lâchement abattu par des hommes armés. Un crime de sang qui a agi comme une étincelle dans un climat déjà électrique.

La nuit suivante, la violence franchit un nouveau palier au quartier Sporting. Un commerçant de la route Kimbangu est pris pour cible par des bandits. Grièvement blessé par balle, il survit de justesse. Dans la confusion des tirs, l'un des assaillants est touché par son propre complice. Abandonné sur place, le présumé voleur subit alors la foudre de la foule.  Excédés par l'impuissance des autorités, les habitants se saisissent de lui et le brûlent vif. C’est le deuxième cas de justice populaire en moins d'une semaine, après un incident similaire survenu au Camp Six.

Pour Jean-Pierre Mwanda, coordonnateur de la SOCICO-RDC, la situation est devenue insoutenable. Il décrit une ville où les habitants ne savent plus « à quel saint se vouer » et où le bruit des armes est devenu une monnaie courante. Selon lui, cette recrudescence des lynchages est le symptôme d'une rupture de confiance profonde.

Pour briser ce cercle vicieux, la société civile interpelle directement les autorités et propose un plan d'urgence :

Cantonner les porteurs d'armes : il est impératif d'identifier et d'éloigner les éléments armés qui n'ont aucune mission officielle en ville.

Reprendre le terrain : le renforcement des patrouilles, de jour comme de nuit, est réclamé pour protéger les biens et les personnes.

Rétablir le lien : la création d'un numéro vert et l'amélioration de la collaboration entre civils et forces de l'ordre sont jugées essentielles pour encourager la dénonciation légale plutôt que la vengeance de rue.

Aujourd'hui, Kamituga attend une réponse forte. Car si rien ne change, la justice populaire risque de devenir la seule loi en vigueur dans une ville plongée dans l'angoisse.


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