Face à l'anarchie qui s'empare des artères principales de Kalemie, les autorités de la province du Tanganyika haussent le ton. Elles appellent urgemment la population à déserter les marchés de rue clandestins pour regagner les infrastructures officielles, restées désespérément vides.
C'est un paradoxe qui interpelle autant qu'il agace. Depuis maintenant trois ans, la ville de Kalemie est dotée du marché moderne de Trico. Inauguré en 2023 au cœur d'un espace propre, salubre et stratégiquement situé au centre-ville, ce complexe marchand avait pour vocation de fluidifier le commerce local. Pourtant, le constat sur place est sans appel : les étals restent vides, et les couloirs déserts.
Pendant ce temps, à quelques encablures de là, le marché Kisebwe ne cesse de s'étendre. Le problème est que cette activité commerciale se déploie de manière anarchique, à même la chaussée, au mépris des règles de sécurité et d'hygiène les plus élémentaires.
Une question légitime taraude désormais les observateurs et les autorités : qu'est-ce qui pousse les concitoyens à rejeter une infrastructure moderne et salubre pour aller s'entasser dangereusement sur la voie publique ? Entre habitudes tenaces et stratégie de proximité avec les clients, le choix des commerçants de privilégier la rue au détriment d'un cadre formel interroge profondément.
Face à cette résistance passive qui asphyxie la circulation et ternit l'image de la ville, le statu quo n'est plus une option. Les leaders d'opinion et les notables du Tanganyika montent au créneau. Ils exhortent les autorités, à tous les niveaux de gouvernance, à s'impliquer pleinement et à user de tout leur pouvoir régalien.
L'objectif est clair est de restaurer l'autorité de l'État, libérer définitivement les routes et contraindre les commerçants à réinvestir les installations du marché Trico. Une intervention ferme est désormais jugée indispensable pour assainir Kalemie et garantir la sécurité de ses habitants.