À l'occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée le 12 juin, la société civile de Butembo a lancé un vibrant appel aux parents et à la communauté de la commune de Bulengera, exhortant à l'arrêt immédiat de l'exploitation économique des mineurs. Cette sensibilisation intervient dans un contexte de forte augmentation du phénomène, particulièrement exacerbé par l'arrivée massive d'enfants déplacés par les conflits armés.
John Kameta, un porte-parole de la société civile, a souligné devant la presse que l'utilisation des enfants à des fins lucratives est un obstacle majeur à leur développement.
"Faire travailler l'enfant, c'est l'exposer aux problèmes de manque d'accès à l'éducation, et pourtant l'éducation est un aspect très capital dans le développement de l'enfant," a déclaré M. Kameta.
L'intervention visait non seulement à sensibiliser, mais aussi à rappeler les dangers inhérents au travail infantile. Selon M. Kameta, les enfants n'ont pas la capacité physique de "résister aux multiples aléas qui peuvent se présenter au milieu du travail," ce qui expose leur santé et leur intégrité.
Il a également insisté sur le caractère illégal de ces pratiques : "C'est une exploitation économique condamnée par la loi."
Le phénomène "Saidiyaa Wakimbizi"
La ville de Butembo, centre commercial de l'Est de la RDC, est devenue un refuge pour un grand nombre de familles et d'enfants déplacés, fuyant les atrocités liées aux groupes armés tels que l'ADF et le M23 dans les territoires de Beni et Lubero.
Cette situation a donné lieu à un système d'exploitation particulier, le "phénomène saidiyaa wakimbizi" (aidez les réfugiés), où des enfants sont forcés par leurs parents ou d'autres membres de la communauté à mendier de l'aide dans les rues. La société civile dénonce ce système comme une forme grave d'exploitation qui fait exploser le taux de travail des enfants dans la ville.
La Journée mondiale contre le travail des enfants est traditionnellement dédiée à l'encouragement de mesures préventives pour interdire les travaux lourds aux enfants et à la dénonciation des dangers qui nuisent à leur santé, à leur développement et à leur éducation, appelant les autorités à prendre des mesures sévères pour éradiquer cette exploitation.