Le paysage littéraire du Nord-Kivu s’enrichit. Ce 27 février, la ville de Goma a vibré au rythme du vernissage de « Ma couronne crépue », un ouvrage de Soki Mulekya qui prône l’acceptation de soi et la valorisation de l’identité africaine dès le plus jeune âge.
En 45 pages, Soki Mulekya livre bien plus qu’un manuel de routine capillaire. Il s’agit d’une véritable immersion dans la beauté naturelle et la culture africaine. L’auteure y exprime une ambition claire, qui est celle de bâtir l’avenir en renforçant l’estime de soi chez les enfants. Pour elle, la promotion des valeurs intrinsèques du cheveu crépu est un levier d'authenticité et de confiance.
La cérémonie a atteint son apogée lorsque le célèbre poète Bukasa, président des écrivains du Nord-Kivu, a officiellement baptisé l’ouvrage. Qualifiant l’auteure de « femme brave », il a souligné l’impact sociétal de cette œuvre.
« Quand une femme écrit, c’est toute la nation qui vit. Ce livre allume une lumière pour montrer que la beauté a d’autres repères, ceux du naturel. Ce qui est écrit dans scène livre, j'aimerais que ça puisse nous aider à changer notre mentalité... », a-t-il déclaré avec émotion, appelant à un changement profond des mentalités.
Au-delà de l'aspect littéraire, l'événement revêtait une dimension humanitaire marquante. Ce vernissage « solidaire » a bénéficié de l'appui de la Fondation Dido Kayembe. Présent sur place, son responsable éponyme a justifié ce soutien par la convergence des valeurs, parmi lesquelles le soutien aux enfants orphelins et la réduction de la crise humanitaire dans la région par l'éducation et la culture.
« Je me présente comme partenaire à cette activité car il y a une bonne cause : le soutien de l’enfant orphelin. Sachant que ma Fondation se positionne dans l'humanitaire, mon objectif est de réduire sensiblement la crise humanitaire dans la région. Quand on m'a dit que c'était un vernissage solidaire aux profit des enfants orphelins, cela m'a directement poussé à intervenir, car je ne supporte pas de voir les gens souffrir. », a-t-il martelé.
L'assistance ne s'est pas contentée de discours. La salle a été transportée par des danses folkloriques, rappelant que l’identité célébrée dans « Ma couronne crépue » est un patrimoine vivant. Entre conseils capillaires et quête d'identité, ce livre s'impose désormais comme un outil pédagogique essentiel pour les générations actuelles et futures de la région.