L'étau se resserre en République démocratique du Congo. Confronté à une 17ᵉ épidémie d'Ebola particulièrement redoutable, le gouvernement congolais repasse à l'offensive. La crise affiche déjà un bilan tragique de plus de 3 000 morts sur au moins 6 300 cas recensés, touchant une soixantaine de zones de santé à travers six provinces, avec l'Ituri en première ligne.
La situation est d'autant plus critique que la souche en cause, le virus Bundibugyo, ne bénéficie à ce jour d'aucun vaccin homologué.
Pour stopper l'hécatombe, Kinshasa engage un plan de riposte d'une ampleur inédite sur 180 jours, doté d'un budget de 1,3 milliard de dollars. Portée par le ministre de la Santé, le Dr Samuel Roger Kamba, cette stratégie baptisée « Une Santé » entend rompre avec les approches traditionnelles.
Il ne s'agit plus seulement de soigner les malades au coup par coup, mais d'attaquer la propagation du virus sur tous les fronts en intégrant les enjeux de santé humaine, animale et environnementale.
Concrètement, ce dispositif mise sur une détection accélérée des cas et un traçage rigoureux des contacts pour étouffer les foyers d'infection avant qu'ils ne s'étendent. En parallèle, les autorités renforcent les structures médicales de proximité pour garantir une prise en charge précoce, tout en plaçant les communautés locales au cœur de la riposte.
Une attention particulière est portée à la communication de terrain afin de désamorcer les rumeurs et d'encourager le signalement rapide des symptômes. À travers cette mobilisation générale, le gouvernement espère faire chuter rapidement la mortalité et reprendre le contrôle de la situation.