Drame à Shabunda : déjà 9 morts suite à des opérations chirurgicales ratées
Depuis novembre 2025, neuf personnes, dont cinq femmes en plein accouchement, ont perdu la vie suite à des opérations clandestines. En cause : des « structures de santé » de fortune et un manque criant de régulation.
  • 0
  • 0
Faites défiler vers le bas pour découvrir

Depuis novembre 2025, neuf personnes, dont cinq femmes en plein accouchement, ont perdu la vie suite à des opérations clandestines. En cause : des « structures de santé » de fortune et un manque criant de régulation.

Le cri d’alarme vient du cœur du territoire de Shabunda. Neuf décès en moins de trois mois. C’est le bilan tragique d’une série d’interventions chirurgicales pratiquées dans des conditions précaires par un personnel non qualifié. Parmi les victimes, cinq femmes ont succombé lors de césariennes réalisées dans des centres de santé dépourvus de toute expertise chirurgicale.

Pour Agnès Sadiki, notable de la région, la situation est devenue insupportable. Interrogé sur les causes de ces drames, elle pointe du doigt la non-viabilité des infrastructures et l'amateurisme des praticiens. 

« Ces pratiques provoquent des dégâts humains irréparables, tant chez les hommes que chez les femmes », déplore-t-elle.

Mme Sadiki appelle les autorités à une intervention immédiate. Elle prône pour l'interdiction formelle de toute chirurgie dans les simples centres de santé et l'obligation de référer les patients vers des hôpitaux équipés. Elle exhorte également la population à la vigilance, conseillant de ne fréquenter que les établissements hospitaliers officiellement reconnus pour les soins lourds.

Le constat est partagé par le Médecin Chef de Zone de Shabunda. Contacté le mercredi 7 janvier par nos confrères de la Radio Maendeleo, le docteur Shabani Guillaume ne mâche pas ses mots. Il attribue directement ces décès à des « charlatans » opérant dans des structures privées non viables.

« Nous confirmons neuf cas, dont cinq césariennes mortelles. Malgré nos multiples alertes et rapports transmis à la hiérarchie, aucune mesure concrète n'a été prise pour démanteler ce système », regrette le docteur Guillaume.

Bien que le Médecin Chef de Zone affirme avoir déjà émis des interdictions formelles à l'encontre de ces pratiques, le vide sécuritaire et administratif semble laisser le champ libre à ces cliniques de la mort. À Shabunda, l'urgence n'est plus seulement médicale, elle est également administrative et judiciaire.


Article Précédent Butembo : l’engrenage meurtrier de la justice populaire en commune de Bulengera
Article Suivant Drame à l'UNIKIN : le Professeur Abata Diaba Mathieu (73 ans) criblé de balles à son domicile

ARTICLES CONNEXES

--}}