Doha : Benjamin Mbonimpa clarifie le contenu de l’accord-cadre signé entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23
Benjamin Mbonimpa a tenu à rassurer les populations sur les implications immédiates de cette signature. « Aucun changement ne sera observé sur le terrain tant que les protocoles n’auront pas été discutés et adoptés.
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La journée du samedi 15 novembre 2025 marque une nouvelle étape dans le processus de paix engagé entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et l’Alliance Fleuve Congo/M23. Depuis Doha, où le document a été signé, le délégué de l’AFC/M23, Benjamin Mbonimpa, a apporté plusieurs précisions destinées à éclairer l’opinion sur la portée réelle de cet accord-cadre.

« Nous venons de signer un accord-cadre bilatéral entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Il contient huit protocoles qui abordent les causes profondes du conflit. Ces protocoles seront développés, négociés et signés séparément, jusqu’à la conclusion d’un accord global de paix », a-t-il expliqué.

Le processus de dialogue, ouvert le 9 avril 2025, a été jalonné de quatre avancées majeures :

La déclaration de principes, signée le 19 juillet 2025 ;

Le cessez-le-feu permanent ;

L’accord sur le mécanisme conjoint de suivi et vérification, conclu en octobre 2025 ;

L’accord-cadre de paix, signé à Doha ce 15 novembre 2025, comprenant huit protocoles, dont deux déjà en application : la surveillance du cessez-le-feu et l’échange de prisonniers.

Benjamin Mbonimpa a tenu à rassurer les populations sur les implications immédiates de cette signature. « Aucun changement ne sera observé sur le terrain tant que les protocoles n’auront pas été discutés et adoptés. Ils définiront les matières à négocier, les calendriers et les acteurs chargés de leur mise en œuvre. Le chemin reste long », a-t-il déclaré, avant de remercier les États-Unis et le Qatar pour leur rôle dans ces pourparlers.

Au-delà de l’aspect diplomatique, l’accord-cadre vise à mettre un terme aux attaques terrestres, aériennes ou lacustres, mais aussi à réduire la propagation de discours de haine et à préparer le retour progressif de l’autorité de l’État dans les zones affectées.

Les huit protocoles portent notamment sur l’accès humanitaire, le retour des déplacés, la restauration de l’autorité étatique, la justice transitionnelle, la réintégration, ainsi que les réformes sécuritaires et économiques. L’accord prévoit également la création d’une commission indépendante de réconciliation et de justice transitionnelle.

La délégation de l’AFC/M23, composée notamment de Bertrand Bisimwa, Jean-Paul Shaka, René Abandi et Jeanpy Omokoko, poursuit les discussions à Doha. Selon plusieurs observateurs, cette étape constitue un signal d’engagement dans la recherche d’une solution durable au conflit dans l’Est de la RDC.


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