Crise de la paie à Mwenga : la société civile lance un ultimatum pour sauver l'école
La société civile du territoire de Mwenga dénonce avec force le retard de paiement des salaires des enseignants. Face à une situation jugée « destructrice » pour l'éducation, elle fixe un ultimatum aux agences de paie jusqu'au 15 mai.
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À Mwenga, la tension monte entre les enseignants et leurs agences de paie. Privés de salaire depuis deux mois, les « professionnels de la craie » sont au cœur d’une bataille menée par la société civile, qui exige une régularisation immédiate sous peine de voir l’éducation locale s’effondrer.

Le constat est amer pour les enseignants du territoire de Mwenga. Alors qu’ils viennent de traverser la période cruciale des épreuves certificatives, beaucoup se retrouvent aujourd'hui sans ressources. En cause : un retard persistant des salaires de mars et d’avril, une situation que le bureau de coordination de la société civile locale ne compte plus laisser passer.

Itebo Samuel, n'a pas mâché ses mots en dénonçant une « manœuvre visant à détruire l’éducation » dans la région. Les regards sont désormais braqués sur l'IFOD et la Caritas Uvira, les deux organismes chargés de la distribution des salaires dans cette partie du Sud-Kivu.

Face à ce qu'il qualifie de gestion défaillante, le représentant de la société civile a fixé une ligne rouge : tout doit être rentré dans l'ordre au plus tard le 15 mai.

Au-delà de l'urgence financière, c'est tout le système de sous-traitance de la paie qui est remis en question. La société civile interpelle directement l'État congolais, exigeant une révision profonde des conventions liant le gouvernement à ces deux agences. Pour les acteurs locaux, le maintien de ces accords, en l'état, fragilise chaque jour un peu plus la stabilité scolaire.

Dans ce contexte explosif, une question demeure : l'année scolaire pourra-t-elle se terminer dans le calme ? Tout en pressant les autorités d'agir, Lungele Itebo Samuel a lancé un appel vibrant à la résilience des enseignants. En les exhortant à éviter la grève malgré la précarité, il mise sur leur sens du sacrifice pour ne pas pénaliser des élèves déjà proches de la fin de l'année.

Reste à savoir si cet appel au calme suffira à apaiser des enseignants dont la patience, comme leurs poches, semble désormais vide.


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