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mercredi 4 novembre 2026
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Politique

Crise dans l’Est de la RDC : tête-à-tête sans concession entre l’ONU et l’AFC-M23 à Goma

Un marathon diplomatique d’une intensité rare s’est joué ce mardi à Goma. Pendant près de quatre heures, Corneille Nangaa Yobeluo, coordonnateur politique de l’AFC-M23, et James Swan, chef de la MONUSCO et représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, ont balayé l’ensemble des dossiers brûlants de la région. De la sécurité des civils aux blocages politiques, cette rencontre au sommet marque une étape clé dans un climat d’extrême tension.

Au cœur des premiers échanges, les deux parties ont tenté de jeter les bases d’un cadre formel de collaboration sur le terrain, tout en clarifiant les modalités du redéploiement suggéré par les Nations Unies. Mais très vite, la diplomatie s’est heurtée à une évidence avancée par l’AFC-M23, qui dénonce une posture internationale ambiguë. 

Le mouvement ne comprend pas comment ses dirigeants peuvent être soumis aux sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU alors qu’ils sont dans le même temps reconnus comme des interlocuteurs de paix face au gouvernement de Kinshasa lors des négociations de Doha.

Sur le front sanitaire et humanitaire, le contraste est saisissant. Si l’AFC-M23 salue la reconnaissance de ses efforts dans la gestion de la riposte contre l’épidémie d’Ebola dans les territoires sous son administration, le mouvement tire la sonnette d’alarme concernant la situation critique à Minembwe, dans les hauts plateaux de Fizi. 

L’AF-M23 accuse la coalition menée par les FARDC, l’armée burundaise, les FDLR, des mercenaires et les milices Wazalendo d’imposer un siège hermétique aux populations locales. Privés de nourriture et de soins, et cibles de frappes de drones répétées, les civils étouffent. Une situation insoutenable qui pourrait contraindre l’AFC-M23 à intervenir militairement pour briser l’encerclement si rien ne bouge.

Pendant ce temps, les voies politiques paraissent de plus en plus encombrées. Le processus de Doha piétine : sur les huit protocoles de négociation prévus, seuls les volets liés au cessez-le-feu ont été actés, laissant en suspens l’examen des causes profondes de la crise.

Parallèlement, l’AFC-M23 ferme la porte au dialogue national proposé par Kinshasa. Qualifiant l’initiative de « biaisée dès le départ », le mouvement rappelle que le pouvoir central refuse de discuter avec les acteurs armés sur le sol national et refuse de participer à un processus piloté par une partie qu’il estime être à la fois juge et partie.

Enfin, la rencontre s’est achevée sur le volet social et le sort de la jeunesse. L’AFC-M23 a fermement condamné la suspension par le gouvernement congolais des activités dans les universités situées en zone sous son contrôle, dénonçant une « punition collective » injuste infligée à des étudiants pris en otage par le conflit.

Malgré ces lignes de fracture profondes et des positions souvent irréconciliables, les deux états-majors ont salué des échanges menés dans un esprit « franc et direct », preuve que le canal du dialogue reste, pour l’heure, maintenu.