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Société

Kamituga : le 8 mars du recueillement et de la colère face à l’insécurité

Ce lundi 9 mars 2026, l’atmosphère à Kamituga n’était pas aux simples réjouissances. Sous le vernis de la Journée internationale des droits des femmes, la ville minière a laissé éclater une soif de dignité et de changement. Loin des défilés de circonstance, les femmes de la région ont choisi de transformer cette date symbolique en une tribune politique et sociale, réclamant avec force la fin d’un isolement qui les étouffe et l’insécurité grandissante dans leur entité.

Tout a commencé dans le recueillement, sous les voûtes de la paroisse Saint François Xavier de Tangila. Lors de sa messe d’action de grâce, le Révérend Abbé Joseph Mulonda Kyatogekwa a posé les jalons d’un développement qui se veut avant tout éthique. Dans une homélie sans détour, il a exhorté les femmes à l’unité, moteur indispensable au progrès du territoire de Mwenga, tout en les invitant à préserver les valeurs coutumières face aux dérives modernes qui menacent leur dignité.

Mais c’est sur le parvis de l’hôtel de ville que le ton a véritablement changé. Munies d’un mémorandum porté par des années de frustration, les représentantes des femmes de Kamituga ont interpellé directement les autorités sur les plaies béantes de leur quotidien. En tête de leurs revendications : l’état apocalyptique de la Route Nationale n°2 (RN2). Pour ces mères de famille et commerçantes, l’enclavement routier n’est plus un simple obstacle logistique, c’est une condamnation économique et sanitaire qui paralyse toute la région.

À cette souffrance matérielle s’ajoute l’ombre persistante de l’insécurité. Le texte lu publiquement a dénoncé avec émotion la recrudescence des tueries et des vols à main armée, plongeant les foyers dans une psychose permanente. Face à ce cri de détresse, le maire Alexandre Bundia M’pila a tenté de temporiser. Tout en rappelant que l’autonomisation passe par l’effort personnel et le respect mutuel, il a tenu à souligner les avancées sécuritaires impulsées par le Chef de l’État, notant une présence féminine plus marquée cette année par rapport à la précédente.

En résonance avec les thèmes national et international de 2026, cette journée à Kamituga a prouvé que le combat pour les droits des femmes ne se limite pas aux slogans. Entre la quête de justice et l’exigence de sécurité, les femmes de Mwenga ont envoyé un message clair : l’autonomie ne pourra être garantie tant que les routes resteront impraticables et que la paix ne sera pas une réalité palpable au pas de leur porte.