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Alerte dans la chefferie des Bashu : des milliers d’enfants privés d’existence légale depuis trois ans

L’administration de l’état civil est à l’arrêt dans les sept groupements de la chefferie des Bashu en territoire de Beni, province du Nord-Kivu. Depuis 2023, l’absence de registres officiels contraint les familles à enregistrer les naissances sur de simples cahiers, menaçant l’avenir juridique de toute une génération.

Le cri d’alarme a été lancé le lundi 12 janvier 2026. La société civile locale et les officiers de l’état civil dénoncent une situation qu’ils jugent « inadmissible ». Alors que les entités administratives voisines sont régulièrement approvisionnées, la chefferie des Bashu semble faire l’objet d’un oubli systématique de la part des autorités centrales et de leurs partenaires depuis trois ans.

Actuellement, les services de l’état civil en sont réduits à utiliser de gros cahiers ordinaires pour répertorier les nouveau-nés. Cette méthode de fortune présente des risques majeurs de perte de données ou de dégradation, laissant planer une incertitude totale sur la traçabilité de ces citoyens.

Pour les structures de défense des droits humains, l’enjeu dépasse la simple logistique. Sans registres officiels, les enfants ne peuvent obtenir d’actes de naissance valides dans les délais prescrits par la loi. Cette situation crée un risque réel d’apatridie technique.

Les conséquences pour les parents s’annoncent déjà coûteuses :

La perte de la gratuité : la législation congolaise garantit l’enregistrement gratuit dans les 90 jours. Une fois ce délai passé, les familles devront entamer une procédure judiciaire complexe.
Le recours aux tribunaux : pour régulariser la situation, l’obtention d’un jugement supplétif sera nécessaire, entraînant des frais d’avocats et de justice prohibitifs pour de nombreux ménages ruraux.

Face à cette « impasse administrative », la société civile exige une intervention immédiate de l’État congolais. Un plaidoyer a été officiellement adressé aux autorités pour le déploiement urgent de registres de naissance dans la zone. L’objectif est de mettre fin à cette rupture de service public qui pénalise injustement les populations des Bashu (Beni) par rapport à leurs voisins.