Beni : des suspects d’Ebola dans la nature après un raid meurtrier des ADF à Cantine-Aloya
Une incursion meurtrière des rebelles ADF dans la localité de Cantine, au cœur du territoire de Beni (Nord-Kivu), a viré au cauchemar sécuritaire et sanitaire dans la nuit de jeudi à vendredi. L’attaque, qui a coûté la vie à au moins 40 civils (bilan provisoire), a déclenché un mouvement de panique générale à partir de 23 heures, poussant la population et les malades à s’enfuir.
Au centre hospitalier de Kelele, la terreur s’est soldée par la fuite de l’ensemble des personnes hospitalisées. Parmi elles figurent des patients placés en isolement strict : des cas suspects d’infection au virus Ebola ainsi que des individus identifiés comme des contacts à haut risque. Le médecin directeur de l’établissement, le Dr Christian Kakule Vulembera, a confirmé à nos confrères de la radio Okapi, que vers minuit, l’hôpital s’était intégralement vidé de ses occupants.
Cette dispersion sauvage dans la nature fait désormais courir un risque majeur de contamination communautaire. Les autorités médicales redoutent que ces malades potentiellement contagieux n’exportent le virus vers des zones jusqu’ici épargnées, à l’instar du groupement de Madiwe. Cette situation d’urgence illustre une fois de plus la manière dont l’insécurité chronique au Nord-Kivu entrave la surveillance épidémiologique et menace de déclencher une crise sanitaire incontrôlable.