Oïcha : le rédacteur en chef de la Radio UMA agressé pour ses reportages sur Ebola
Les professionnels des médias payent une nouvelle fois un lourd tribut dans la sensibilisation contre la maladie à virus Ebola. Le journaliste Mbusa Vagheni Jackson, rédacteur en chef de la Radio du peuple Oïcha (Radio UMA), a été la cible d’une agression d’une rare violence dans la soirée du mercredi 4 novembre 2026, au quartier Masosi (commune de Mamundioma), à Oïcha.
Il était environ 19 h 30 lorsque les faits se sont produits, non loin du monument Kabambi. De retour du centre-ville, le journaliste s’est arrêté brièvement pour récupérer un pardessus qu’il avait oublié sur place. C’est à ce moment précis qu’un groupe d’hommes en train de consommer de l’alcool l’a pris à partie. L’un d’eux l’a ouvertement désigné en criant :
« Ce sont ces journalistes qui diffusent le mensonge sur Ebola. »
Soucieux d’éviter toute confrontation, Mbusa Vagheni Jackson a tenté de s’éloigner en silence. Malgré cette réaction pacifique, il a immédiatement reçu un coup de poing au visage, déclenchant une attaque collective. Plus de six individus se sont précipités sur lui, le rouant de coups, lui arrachant ses vêtements et lui ligotant les bras avec son propre maillot de corps. La victime est restée immobilisée au sol pendant près de trente minutes avant que des passants ne s’interposent, provoquant la fuite des agresseurs. Outre les blessures infligées, les assaillants ont emporté l’un de ses téléphones portables et une somme d’au moins 200 000 francs congolais.
Pris en charge d’urgence dans une clinique du quartier Masosi (cellule Kazimoto), le journaliste n’a pu quitter l’établissement que le jeudi 5 novembre dans la soirée. Si son état de santé reste précaire, la victime signale néanmoins qu’un suspect présumé a déjà été interpellé par la police.
Cette attaque s’inscrit dans un climat de vive tension et de résistance d’une partie de la population locale face aux mesures de riposte sanitaire. Ces derniers jours, les autorités médicales d’Oïcha ont rapporté plusieurs actes d’hostilité grave, notamment trois attaques contre l’ambulance de l’Hôpital général de référence, des agressions physiques ciblant les agents de sensibilisation et une hausse inquiétante des décès non signalés au sein de la communauté.