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Politique

La visite de Jacob Zuma au Maroc : un pas audacieux vers l’unité africaine et une résolution juste du dossier du Sahara occidental

Dans un geste que de nombreux observateurs qualifient d’historique, l’ancien président sud-africain Jacob Zuma a effectué, juillet dernier, une visite officielle au Maroc au cours de laquelle il a exprimé, sans équivoque, son soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara. Loin d’une déclaration symbolique, cette prise de position traduit une convergence croissante, tant au sein du continent africain que sur la scène internationale : l’initiative marocaine apparaît désormais comme la seule voie crédible, réaliste et pragmatique pour mettre fin au différend qui perdure autour du Sahara occidental.

Une démarche visionnaire ancrée dans le réalisme

Accompagné de hauts responsables de son parti MK, Jacob Zuma a rencontré à Rabat plusieurs responsables marocains, réaffirmant son adhésion pleine et entière à la souveraineté du Royaume sur le Sahara. À cette occasion, son parti a publié un document officiel intitulé « Partenariat stratégique pour l’unité africaine, l’émancipation économique et l’intégrité territoriale », dans lequel il reconnaît le Sahara marocain comme une réalité historique et légitime. Le texte soutient que le plan d’autonomie proposé par le Maroc constitue une solution équitable, durable et porteuse de stabilité pour l’ensemble de la région.

Ce positionnement marque une rupture nette avec des postures idéologiques obsolètes, héritées de la guerre froide. Jacob Zuma démontre ainsi une capacité rare à dépasser les clivages doctrinaux pour privilégier le compromis, la coexistence pacifique et le développement partagé.

Le plan marocain d’autonomie : un modèle de paix régionale

Déposé auprès des Nations unies en 2007, le plan d’autonomie marocain propose une large autonomie pour les provinces du Sahara, dans le cadre de la souveraineté nationale. Il prévoit la mise en place d’un exécutif local, d’institutions législatives et judiciaires autonomes, le tout garanti par la Constitution marocaine. Les prérogatives régaliennes, telles que la défense et les affaires étrangères, demeurent du ressort de l’État central, conformément aux standards internationaux en matière d’autonomie.

Ce projet n’est pas une vue de l’esprit : il est déjà en cours de concrétisation à travers de vastes investissements dans les infrastructures, la santé et l’éducation, notamment à Laâyoune, Dakhla et dans d’autres villes du sud. Ces régions sont aujourd’hui perçues comme des vitrines d’intégration réussie et de développement inclusif, saluées par de nombreux observateurs internationaux.

Zuma, catalyseur d’un revirement stratégique ?

Le soutien exprimé par Jacob Zuma pourrait annoncer un infléchissement majeur de la position sud-africaine sur ce dossier. Alors que l’African National Congress (ANC), parti au pouvoir en Afrique du Sud, continue de soutenir le Front Polisario et la République arabe sahraouie démocratique (RASD), non reconnue par l’ONU, la posture du MK Party se veut plus pragmatique, fondée sur le réalisme politique et la coopération intra-africaine.

Un nombre croissant de voix, sur le continent et au-delà, appellent désormais l’Afrique du Sud à revoir sa position, jugée désuète, et à s’aligner sur celle du Maroc — un pays revenu au sein de l’Union africaine, et qui ne cesse de plaider en faveur de la solidarité, de la stabilité et du respect mutuel entre nations africaines.

Une dynamique internationale favorable au Maroc

Le soutien de Zuma s’inscrit dans une tendance diplomatique globale de plus en plus favorable à la proposition marocaine. Ces dernières années, de nombreux États ont retiré leur reconnaissance de la RASD. Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni — trois membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU — ont exprimé leur appui officiel au plan d’autonomie. Des pays comme le Kenya, le Ghana ou encore le Panama, autrefois proches du Polisario, ont également réorienté leur position, en faveur du plan d’autonomie marocain.

Cette évolution traduit un rejet croissant des chimères séparatistes et de l’immobilisme politique. Le plan marocain, en revanche, incarne une alternative fondée sur la dignité, la stabilité et la prospérité non seulement pour les populations sahraouies, mais pour l’ensemble du continent.

L’Afrique à la croisée des chemins

En apportant son soutien à l’initiative marocaine, Jacob Zuma s’inscrit dans le sens de l’histoire africaine. Plutôt que de perpétuer un conflit sans issue, il fait le choix du dialogue, de la coopération et de l’unité. Son déplacement à Rabat envoie un message fort : l’Afrique ne peut plus rester prisonnière des héritages idéologiques du passé. Elle doit désormais faire émerger des solutions africaines, souveraines et orientées vers le développement durable et la paix.

C’est précisément la vision que défend le Maroc à travers ses investissements structurants au Sahara, son engagement sous l’égide des Nations unies, et ses partenariats en expansion sur le continent. Rabat affirme avec constance que l’avenir de l’Afrique passe par des solutions africaines, fondées sur la légitimité, l’intégrité territoriale et une gouvernance inclusive.

Vers une voix africaine unifiée

La visite de Zuma reflète également une aspiration croissante à une position africaine unifiée sur la question du Sahara, fondée sur les réalités du terrain et l’impératif d’une résolution rapide. Prolonger ce différend ne sert aucun intérêt : il alimente les divisions, freine la coopération régionale et compromet les efforts de développement, notamment dans la région sahélo-saharienne.

Le Maroc a tendu la main. En soutenant le plan d’autonomie, Jacob Zuma rejoint les voix de la raison, du pragmatisme et de la paix. D’autres acteurs politiques africains sont appelés à suivre cette voie.

Un succès stratégique pour le Maroc et pour l’Afrique

La diplomatie patiente et cohérente du Maroc porte aujourd’hui ses fruits. En alliant fermeté sur l’intégrité territoriale et ouverture à une autonomie significative, Rabat prouve qu’un règlement pacifique est possible lorsque la vision s’accompagne d’action. Le Sahara cesse d’être un espace figé dans le conflit : il devient un pont entre le Maroc, l’Afrique subsaharienne et le reste du monde.

Conclusion : L’unité par le leadership

La visite de Jacob Zuma ne relève pas d’un simple positionnement politique. Elle constitue un appel à l’action. Elle invite les dirigeants africains à dépasser les blocages idéologiques du passé pour construire un avenir commun fondé sur le partenariat, la souveraineté et la justice. Le plan marocain d’autonomie ne se limite pas à un document technique : il esquisse une véritable feuille de route pour l’ensemble du continent.

Alors que la communauté internationale continue de rallier la position marocaine, et que les voix africaines favorables se multiplient, l’heure est venue pour l’Afrique du Sud et pour l’Afrique tout entière de reconnaître que l’unité ne peut naître que de la vérité, d’une vision partagée et d’un leadership courageux.

Dr. Najib SOMOUE, directeur du Centre Méditerranéen de Développement (MEDEV).