À Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, l’absence de véhicules corbillards depuis le début de la guerre devient une source de vive inquiétude pour les habitants, surtout dans un contexte marqué par la menace persistante de la maladie à virus Ebola dans la région.
Depuis l’occupation de la cité par ll'AFC-M23, aucun véhicule corbillard n’est encore disponible pour assurer le transport des corps vers les lieux d’enterrement. Une situation qui expose davantage la population à des risques sanitaires, alors que les autorités sanitaires ne cessent de sensibiliser sur l’importance d’un enterrement digne et sécurisé en période d’épidémie.
Faute de moyens adaptés, plusieurs familles endeuillées sont contraintes de louer des véhicules privés pour transporter leurs morts. D’autres habitants, dépourvus de ressources financières, utilisent des vélos pour acheminer les dépouilles mortelles vers les cimetières. Des scènes devenues fréquentes à Kiwanja et qui suscitent aujourd’hui de nombreuses inquiétudes au sein de la communauté.
Les habitants rappellent qu’avant la guerre, certains véhicules corbillards appartenant à des hommes politiques et à des personnalités locales étaient régulièrement mis à la disposition de la population lors des cérémonies funéraires. Mais depuis l’avènement du conflit et l’occupation par le M23, tous ces moyens de transport ont disparu de la cité.
Dans un contexte où Ebola continue de menacer certaines zones de l’Est de la République démocratique du Congo, la population estime que l’absence de corbillards et d’ambulances constitue un danger supplémentaire. Selon plusieurs habitants, le transport des corps dans des conditions non sécurisées pourrait favoriser des risques de contamination et compliquer les efforts de prévention de la maladie.
« Aujourd’hui, certaines familles transportent les corps sur des vélos ou dans des véhicules non adaptés. Cela nous inquiète beaucoup avec la présence d’Ebola dans la région », témoigne un habitant de Kiwanja.
La population plaide ainsi auprès des autorités, des organisations humanitaires et des personnes de bonne volonté pour l’acquisition d’au moins un véhicule corbillard et des ambulances destinés à la communauté. Les habitants estiment que ces équipements permettraient non seulement d’assurer des enterrements dignes, mais aussi de renforcer les mesures sanitaires en cette période de vigilance contre Ebola.
Pour plusieurs observateurs locaux, la disponibilité des corbillards et ambulances représente aujourd’hui une nécessité humanitaire et sanitaire urgente dans une zone déjà fragilisée par les conflits armés et les crises sanitaires récurrentes.