À l'issue de cinq semaines d'audiences, l'accusation a requis la peine la plus sévère prévue par le Code pénal français à l'encontre de Roger Lumbala, ancien chef rebelle congolais. Les avocats généraux ont demandé la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté, de la confiscation de ses biens et d'une interdiction définitive du territoire français.
Cette peine est jugée proportionnée à l'extrême gravité des faits reprochés, qui sont constitutifs de crimes contre l'humanité au sens de l'article 212-1 du Code pénal. Les actes commis dans l'est de la République Démocratique du Congo entre 2002 et 2003 incluent des exécutions sommaires, des actes de torture, des viols, l'esclavage par le travail forcé et des pillages.
Le réquisitoire s'est appuyé sur de nombreux éléments démontrant le recours systématique aux travaux forcés pour occuper, exploiter et contrôler plusieurs zones. Le procès a permis d'établir l'existence d'une entente criminelle visant la commission de ces atrocités, l'accusé ayant maintenu une autorité politico-militaire effective même après la cessation déclarée des combats.
De 2002 à 2003, Roger Lumbala aurait pris part activement à cette entente aux côtés de responsables de différents groupes armés, incluant le MLC de Jean-Pierre Bemba et des forces soutenues par l'Ouganda, dans le cadre de l'opération « Effacer le tableau » menée par son groupe, le RCD-N.
Les jurés ont entendu le récit de crimes d'une extrême violence, notamment l'utilisation du viol comme arme de guerre, l'esclavage sexuel et les mutilations, ciblant majoritairement les communautés Nande et pygmées Bambuti, accusées de soutenir une faction rivale. Bien que la Cour n'ait pas été saisie pour le cannibalisme, des victimes ont décrit ces faits.
Pour l'accusation, Roger Lumbala apparaît comme un homme opportuniste, mû non par une idéologie politique structurée, mais par une quête de pouvoir et d'enrichissement personnel. Son ascension politique de 1998 à 2003 a utilisé le conflit congolais comme tremplin, au prix du sacrifice de populations civiles dans des territoires comme le Haut-Uele, la Tshopo et l'Ituri.
En requérant la perpétuité, l'accusation a rappelé qu'aucun contexte ne peut justifier le meurtre, la torture, le viol ou l'esclavage comme armes de guerre.
La décision de la Cour est désormais attendue pour le lundi 15 décembre, date à laquelle les jurés devront rendre leur verdict après avoir répondu à près de 150 questions.