Depuis le 19 janvier 2026, une panne massive des réseaux de télécommunication paralyse le sud du territoire de Lubero. Au-delà de l'isolement des populations, c'est tout le système éducatif qui est aujourd'hui menacé par cette fracture numérique forcée.
Dans cette région de l'est de la République démocratique du Congo, l'école ne se résume plus seulement aux tableaux noirs et aux cahiers. La gestion moderne des établissements repose désormais sur les services numériques. Sans Internet, la circulation des informations administratives est totalement interrompue, plongeant les directions d'écoles dans une impasse logistique.
Le blocage est avant tout financier. Les frais de fonctionnement, indispensables à la vie des établissements, transitent par des plateformes numériques et des transactions électroniques. Faute d'accès au réseau, les caisses restent vides.
Sur le terrain, les conséquences sont concrètes et alarmantes. Sous couvert d'anonymat, le directeur d'une école primaire locale témoigne de la précarité soudaine de son établissement :
« Notre école a du mal à fonctionner normalement. Sans connexion, nous ne pouvons pas accéder aux fonds nécessaires pour acheter les fournitures de base, comme les craies ou le matériel pédagogique. »
Pour ce responsable, l'urgence est absolue. La qualité de l'enseignement et les conditions d'apprentissage des élèves se dégradent de jour en jour. « Nous demandons aux opérateurs d’agir rapidement afin d’éviter le pire », alerte-t-il.