Nord-Kivu : le cri d’alarme du Parlement d’enfants face à l’explosion du nombre d’orphelins de guerre
Au Nord-Kivu, le bilan humain des conflits armés ne se compte pas uniquement en pertes de vies humaines, mais aussi en vies brisées. Dans les territoires de Beni et Lubero, les attaques incessantes des rebelles ADF et des différentes milices locales ont engendré une crise humanitaire majeure.
  • 0
  • 0
Faites défiler vers le bas pour découvrir

Alors que le monde célèbre la Journée internationale des orphelins de guerre ce 6 janvier, la situation dans l’est de la République démocratique du Congo atteint un seuil critique. Entre activisme des ADF et combats entre différents groupes armés locaux, des milliers d’enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes. Le Parlement d’enfants de Beni appelle l’État à une intervention d’urgence.

Au Nord-Kivu, le bilan humain des conflits armés ne se compte pas uniquement en pertes de vies humaines, mais aussi en vies brisées. Dans les territoires de Beni et Lubero, les attaques incessantes des rebelles ADF et des différentes milices locales ont engendré une crise humanitaire majeure : une génération d'orphelins sans filet de sécurité.

Privés de la protection parentale, ces mineurs survivent dans une précarité extrême. Si certains trouvent refuge dans des familles d'accueil ou des camps de déplacés, beaucoup finissent dans la rue, contraints à la mendicité pour ne pas mourir de faim.

Face à ce tableau sombre, le président du Parlement d’enfants de Beni, Justin Sivyolo, est monté au créneau ce lundi lors d'un point presse. Son constat est sans appel :

« Ces enfants peinent à trouver de la nourriture, des médicaments et même des vêtements. Faute de moyens, beaucoup ne sont pas scolarisés et ne bénéficient d’aucune prise en charge digne. »

Il exhorte le gouvernement congolais et ses partenaires (dont la MONUSCO) à relancer les centres "Kibébé". Ces structures communautaires, autrefois piliers de l'encadrement des mineurs vulnérables, sont aujourd'hui mystérieusement à l'arrêt, laissant un vide institutionnel dramatique.

Le Parlement d'enfants ne se contente pas de plaidoyers. Une campagne de recensement d’envergure a été lancée pour identifier les pupilles de la nation : les orphelins des militaires (FARDC) et policiers (PNC) tombés au front.

Chiffre clé : Déjà plus de 1 000 cas identifiés.

Objectif : Obtenir la prise en charge totale des frais de scolarité (secondaire et universitaire) par l’État.

Si la gratuité de l'enseignement primaire est un acquis, Justin Sivyolo rappelle que le cycle secondaire reste un mur infranchissable pour ces enfants sans ressources. Tout en saluant le courage des familles d'accueil, le leader associatif a tenu à mettre en garde contre les maltraitances : 

« Maltraiter un orphelin laisse des séquelles profondes qui compromettent son avenir et celui de la société ».

Article Précédent Nord-Kivu : Kimbulu sous tension après le meurtre d’un ex-footballeur par un militaire
Article Suivant Nord-Kivu : des tirs nourris signalés à l’aube dans l’Ouest de Butembo

ARTICLES CONNEXES

--}}