Le tribunal militaire siégeant en audience publique à Kipese, dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu), a rendu mercredi 3 juin deux décisions judiciaires majeures dans des affaires impliquant des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Des verdicts salués par la Société Civile Forces Vives de Kipese comme un signal fort dans la lutte contre l'impunité.
Dans la première affaire, portant sur deux cas de violences sexuelles commis le 29 mai dernier à Kasusa, en chefferie des Bamate, le prévenu MBUYI NTUMBA Innocent a été reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés. Le tribunal l'a condamné à vingt ans de servitude pénale principale. Il devra également verser cinq mille dollars américains de dommages et intérêts à chacune des deux victimes.
Pour les acteurs de la société civile, cette décision judiciaire, rendue quelques jours seulement après les faits, constitue une avancée significative dans la protection des droits des victimes de violences sexuelles. Ils estiment qu'elle démontre la volonté des autorités judiciaires et militaires de combattre efficacement l'impunité.
Au cours de la même audience, le Tribunal militaire a également statué sur une affaire de meurtre impliquant le Premier Sergent-Major TAMBWE WA TAMBWE, du 3412e Régiment des FARDC.
Celui-ci a été reconnu coupable du meurtre du militaire de deuxième classe LUANDA MANENO, membre de la même unité. Selon les éléments examinés par la juridiction, la victime avait trouvé la mort après avoir été atteinte par balle le 1er juin 2026. À l'issue du procès, le tribunal a condamné l'accusé à la peine de mort.
Réagissant à ces décisions, la Société Civile Forces Vives de Kipese a exprimé sa solidarité envers les victimes, leurs familles ainsi que toutes les personnes affectées par ces actes. Elle a rappelé que les conséquences des violences sexuelles et des crimes graves dépassent le seul cadre judiciaire et nécessitent un accompagnement médical, psychologique et social adapté.
L'organisation citoyenne a par ailleurs salué la célérité avec laquelle les autorités judiciaires et militaires ont traité ces dossiers.
Elle a néanmoins appelé à renforcer les mécanismes de prévention, de protection des populations civiles et de lutte contre toutes les formes de violences et d'atteintes aux droits humains. L'audience publique a été suspendue à 16h58.
À travers cette prise de position, la Société Civile Forces Vives de Kipese réaffirme son engagement en faveur de la promotion de la justice, des droits humains et de la dignité des communautés locales dans le territoire de Lubero.