Un groupe de patrouille composé d’agents du service de pêche et élevage de la pêcherie de Kyavinyonge, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), a été attaqué jeudi 21 mai sur les eaux du lac Édouard par des hommes armés non encore identifiés, selon plusieurs sources locales.
L’attaque s’est produite aux environs des rivières Tumbwe et Kanyamuyisa. Des habitants évoquent une embuscade tendue par des hommes armés assimilés à des miliciens opérant sur le lac.
Plusieurs membres du pool de patrouille ont été blessés. L’un d’eux a été admis au centre de santé de référence de Kyavinyonge dans un état jugé préoccupant.
« Il est grièvement blessé. Nous ignorons encore s’il a été atteint à la machette ou par balle », confie, sous anonymat, une habitante de la région.
Selon des sources locales, une autre victime serait encore retenue par les assaillants dans une destination inconnue, tandis qu’un agent porté disparu a finalement été retrouvé vivant.
Cette nouvelle attaque intervient quelques heures seulement après une autre incursion armée visant un poste de patrouille des écogardes à Kamuhororo, sur la côte sud du lac Édouard, dans le territoire de Rutshuru. Deux écogardes y ont été tués, selon un communiqué de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).
Des habitants rappellent qu’il y a environ 5 ans déjà, des groupes armés imposaient aux pêcheurs le paiement de jetons hebdomadaires pour accéder aux zones de pêche.
« Ils les ont frappés avant de les attacher aux arbres. Le nommé Mambea a même eu l’oreille coupée. La situation est compliquée. Un agent du service de l’environnement de Lunyasenge, qui faisait également partie de cette patrouille, a été blessé. Ils ont été attachés aux arbres avant d’être finalement relâchés », rapporte un habitant de Kyavinyonge.
Pour plusieurs observateurs locaux, la persistance de l’insécurité sur le lac contribue à la baisse progressive de la production halieutique. D’autres dénoncent des complicités entre certains réseaux de pêche clandestine et des groupes armés opérant dans cette partie du Parc national des Virunga.