À Kisangani, le haut commandement militaire congolais a sifflé la fin de la récréation pour les rebelles hutu rwandais (FDLR). En application des récents accords de Washington, les FARDC engagent une opération de traque visant à désarmer, « de gré ou de force », un groupe au cœur des tensions régionales depuis trente ans.
L’ambiance était martiale ce dimanche 29 mars à Kisangani, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Arrivé sur place pour superviser les opérations, le général Jacques Ychaligonza, commandant adjoint de l’état-major général des FARDC, a lancé un ultimatum sans ambiguïté aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Pour Kinshasa, l'heure n'est plus aux négociations éternelles, mais à l'action concrète sur le terrain.
L'officier supérieur a tracé une ligne rouge claire lors de son allocution, rappelant que la souveraineté nationale ne tolérerait plus de groupes armés étrangers.
« Il s’agit de lancer des opérations contre les FDLR dans une zone bien déterminée. De gré ou de force, les FDLR doivent nous rendre les armes », a-t-il déclaré avec fermeté.
Cette offensive s'articule autour d'un plan de retrait structuré : les combattants qui choisiront la reddition seront cantonnés dans un camp militaire à Kisangani avant leur rapatriement vers le Rwanda. Le général Ychaligonza a toutefois insisté sur la volonté de l'armée d'éviter un bain de sang inutile, tout en restant inflexible sur l'objectif final :
« Nous n'avons pas besoin d’effusions de sang. Ils doivent se rendre, pour regagner leur patrie, parce que leur patrie, c'est au Rwanda, ce n'est pas ici au Congo. »
Cette accélération militaire n'est pas un acte isolé. Elle constitue la pierre angulaire des engagements pris le 18 mars dernier à Washington entre la RDC et le Rwanda, sous la médiation américaine. Ce texte, qui fait suite à l'accord de paix signé le 4 décembre 2025 avec l'appui de Donald Trump, impose des obligations réciproques pour apaiser une région dévastée par les conflits.
En neutralisant les FDLR, Kinshasa retire à Kigali son principal argument sécuritaire.
« Notre mission, c'est de neutraliser tous les ennemis, tous les groupes armés étrangers qui se retrouvent sur notre sol. Et c'est en accord aussi avec ceux de Washington », a rappelé le général des FARDC .
En contrepartie, le Rwanda s'est engagé à lever ses mesures défensives, ouvrant ainsi la voie à une restauration de l'intégrité territoriale congolaise. Le succès de cette opération à Kisangani sera, dans les jours à venir, le véritable baromètre de la paix dans l'est du pays.