Dans une déclaration publiée le 28 mai sur son compte X, le Professeur Raphaël Nyabirungu Mwene Songa a vivement critiqué l’agenda politique actuel de la République Démocratique du Congo. L'éminent juriste a pointé du doigt le décalage flagrant entre les priorités de la classe politique à Kinshasa et la tragédie humanitaire qui se joue dans l'est du pays, particulièrement en Ituri, une province de nouveau frappée par l'épidémie de la maladie à virus Ebola.
« Pendant que le monde entier délibère sur les mesures à prendre contre Ebola qui ravage l’Ituri, nos élus détricotent la Constitution, en attendant de la changer », regrette-t-il.
L’intellectuel congolais exprime son indignation face aux manœuvres parlementaires visant à modifier la loi fondamentale, alors que l'urgence devrait être à la sauvegarde des vies humaines. Selon lui, pendant que la communauté internationale se mobilise pour endiguer la propagation du virus, les élus nationaux concentrent leurs efforts sur le « détricotage » de la Constitution dans le but évident de la changer.
Cette situation traduit, selon le Professeur Nyabirungu, une crise des valeurs sans précédent au sommet de l'État. En privilégiant les ambitions politiques et les réformes institutionnelles au détriment de la détresse sanitaire des populations de l'Ituri, les dirigeants congolais font preuve d'une déconnexion alarmante.
« Nous sommes ainsi témoins directs de l’effondrement moral de la Nation. », a-t-il souligné dans son message.
Cette prise de parole relance avec force le débat sur la responsabilité éthique des dirigeants en période de crise. En qualifiant la situation d'« effondrement moral », le Professeur Nyabirungu appelle implicitement à un sursaut de conscience. La RDC peut-elle se payer le luxe d'une crise politique et constitutionnelle majeure alors que ses provinces saignent et que des urgences sanitaires menacent sa population ? La question reste entière, mais le diagnostic, lui, est posé.