Dans un message publié ce mercredi 29 juillet 2026 sur son compte X, Lawrence Kanyuka, porte-parole politique du mouvement AFC-M23, accuse les autorités de Kinshasa de manipuler le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) à des fins politiques.
Selon ce haut cadre de l'AFC-M23, le Rwanda vient de procéder au rapatriement vers la République démocratique du Congo de 39 ressortissants congolais. Présentés officiellement comme des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ces individus n'auraient pourtant « jamais appartenu à ce groupe », soutient Lawrence Kanyuka, qui précise que la procédure s'est déroulée « dans le plein respect de la dignité humaine ».
Dans sa prise de parole, le porte-parole pointe du doigt les méthodes du gouvernement central de la RDC. Il affirme que le régime congolais mène des campagnes de recrutement ciblant des civils, leur proposant des incitations financières pour qu'ils se déclarent faussement membres des FDLR.
En s'appuyant sur la coordination de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), ces citoyens seraient ensuite intégrés au programme DDR afin d'« alimenter le narratif » selon lequel des éléments de cette rébellion rwando-congolaise sont effectivement rapatriés dans leur pays d'origine.
Au-delà de la contestation de ces rapatriements, l'AFC-M23 accuse Kinshasa de faire des FDLR un pilier stratégique de son système de défense. D'après ce message, des éléments du groupe armé FDLR seraient incorporés au sein des Forces armées de la RDC (FARDC), des milices d'autodéfense Wazalendo ainsi que des services de sécurité de l'État, allant jusqu'à se voir confier la protection rapprochée de hauts responsables du régime.
Face à ce qu'elle qualifie de manœuvres visant à induire en erreur la population congolaise et les partenaires internationaux, la direction de l'AFC-M23 condamne « avec la plus grande fermeté » ces pratiques et appelle la communauté internationale à la vigilance. Pour l'heure, le gouvernement congolais et la MONUSCO n'ont pas réagi à ces allégations.