L'équipe de communication du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) s'est réunie ce vendredi 25 septembre, avec les professionnels des médias membres du Collectif des Professionnels de Médias du Nord-Kivu (CPM) pour une matinée d'information et d'échange. Cette séance avait pour objectif de présenter en détail le mandat de l'organisation humanitaire, de clarifier ses modes d'intervention, et d'exposer les règles de protection garanties aux journalistes par le Droit International Humanitaire (DIH) en temps de guerre.
Fondé en 1859 après la bataille de Solferino en Italie, le CICR possède une expérience de plus de 150 ans dans la protection et l'assistance aux victimes des conflits armés. Lors des présentations, les intervenants ont précisé que le CICR n'est ni une agence des Nations Unies, ni une organisation non gouvernementale (ONG). C'est une institution neutre, impartiale et indépendante dont la mission est ancrée dans les Conventions de Genève.
Au côté des Sociétés Nationales comme la Croix-Rouge de la RDC et de la Fédération Internationale (FICR), le CICR fait partie du mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, guidé par des principes fondamentaux d'humanité et de neutralité. L'organisation a également rappelé le rôle protecteur de l'emblème de la Croix-Rouge, précisant que son utilisation perfide ou son usurpation constitue une violation grave et un crime de guerre.
Pour pouvoir intervenir auprès de toutes les victimes, le CICR adopte une approche axée sur le dialogue bilatéral et la confidentialité. L'organisation s'interdit de commenter les évolutions politiques ou militaires, de prendre parti, ou d'imputer publiquement la responsabilité des exactions à l'un des belligérants. Le CICR ne témoigne pas devant les tribunaux et recourt exceptionnellement à la dénonciation publique.
Sa politique de communication repose sur le principe de « dire ce qu'elle fait, et non ce qu'elle voit ». L'objectif principal de ses prises de parole est d'expliquer les besoins des populations touchées, de faire connaître le DIH et de valoriser les actions de secours menées sur le terrain.
L'analyse des garanties offertes aux journalistes a constitué un axe fort de la rencontre. Aux termes du Droit International Humanitaire, les journalistes accomplissant des missions professionnelles dans des zones de conflit armé bénéficient du statut de civil. À ce titre, ils sont protégés contre les attaques tant qu'ils ne prennent pas part directement aux hostilités. Cette protection s'applique également en cas de capture ou de détention par une partie au conflit.
En cas de disparition, d'arrestation ou de captivité d'un reporter, les familles ou les associations professionnelles peuvent contacter le CICR, bien que l'action de l'institution demeure toutefois encadrée par des conditions strictes.
Il a été souligné que le CICR n'intervient que dans les zones où ses équipes sont physiquement installées et opérationnelles. L'organisation ne se prononce pas sur les motifs des détentions et ne formule pas de demandes de libération. Le DIH protège la vie et l'intégrité des journalistes, mais ne garantit pas la liberté d'expression ou de mouvement. Le CICR ne s'associe pas aux campagnes de presse publiques, privilégiant les démarches confidentielles directes avec les autorités.
La rencontre s'est conclue par des échanges interactifs visant à faciliter le travail d'information au Nord-Kivu dans le respect des principes humanitaires. À l'issue des travaux, les journalistes participants ont chaleureusement remercié le CICR pour cette initiative éclairante. Ils ont émis le vœu de voir de telles sessions de renforcement de capacités et d'échanges se multiplier et s'élargir à l'ensemble des professionnels des médias de la région.