L’épidémie de maladie à virus Ebola continue d'étendre son ombre sur le nord-est de la République démocratique du Congo. Selon le dernier bilan de l'Institut National de Santé Publique (INSP) publié le 6 septembre, la crise sanitaire prend une tournure alarmante avec 3 226 décès enregistrés sur un total de 6 686 cas confirmés. Ce lourd tribut humain traduit un taux de létalité redoutable de 48,3 %, signifiant que près d'un patient sur deux succombe actuellement à l'infection.
Sur le terrain, la maladie frappe désormais 61 zones de santé réparties dans six provinces (Ituri, Nord-Kivu, Haut-Uélé, Bas-Uélé, Tshopo et Sud-Kivu). L'Ituri demeure le cœur palpitant de l'épidémie avec 28 de ses 36 zones de santé contaminées. La pression s'accentue également au Nord-Kivu, où le virus s'est infiltré dans une nouvelle zone de santé, portant le total à 16 secteurs touchés, dont des carrefours stratégiques comme Beni et Butembo.
Malgré la sévérité du virus, les centres de prise en charge, qui accueillent encore 819 patients isolés ou hospitalisés, parviennent à arracher des vies à la maladie. 1 563 guérisons ont été officiellement recensées depuis le début de l'épidémie, dont 15 au cours des dernières 24 heures. Dans ce tableau sombre, la province du Sud-Kivu offre une lueur d'espoir majeure en franchissant le cap des 97 jours consécutifs sans la moindre nouvelle contamination.
Face à un risque d'embrasement toujours critique, le dispositif de riposte tourne à plein régime. Rien qu'en une journée, les équipes d'intervention ont dû traiter 1 406 alertes et investiguer 215 cas suspects, tandis que plus de 252 000 voyageurs ont été soumis aux contrôles sanitaires pour éviter que le virus ne voyage.
Le principal défi réside désormais dans la traçabilité des malades : avec un taux de suivi des contacts de 85,3 %, près de 15 % des personnes exposées échappent encore à la surveillance quotidienne, maintenant une menace permanente de résurgence de nouvelles chaînes de transmission.